Sylvie, « Nous seul pouvons prendre des décisions, se battre pour obtenir ce que l’on veut »

Salut Sylvie et bienvenue chez les TEE ! Tu nous racontes un peu ton histoire?
Je m’appelle Sylvie Charlet, j’ai 45 ans et je suis maman d’une adorable merveilleuse ado de 16 ans !
Mon fauteuil, c’est mon bolide à quatre roues. Je me suis retrouvée dessus il y a plus de quatre ans suite à trois maladies génétiques. Je souffre aujourd’hui d’une Fibromyalgie (totalité du corps). S’ajoute à cela une maladie qui touche mes os, une coxarthrose, une dysplasie des deux hanches, ainsi que des tendinites chroniques, de l’arthrose dans tout le corps, un décollement du grand muscle dentelé,  en prime un souci veineux, et au cœur (je prend un cachet pour réguler mon rythme cardiaque depuis l’âge de 25 ans)…
Tout cela m’a valu à ce jour 24 opérations diverses (colonne, genoux, épaules, hanches, etc…).

Je ne suis pas paralysée, je n’arrive simplement plus à tenir debout plus de 5 minutes : cela me demande une grande concentration et beaucoup de volonté pour influer le maximum d’énergie vers mes cuisses afin de mettre un pied devant l’autre.

Aujourd’hui tu fais des courses? Tu veux nous parler de tes plus belles réussites?
Bon nombre de personnes pratiquent le sport qu’elles désirent, « les valides ».
Je ne fais pas partie de celles là, non pas parce que je n’aime pas le sport, bien au contraire je l’aime depuis toujours, et je l’aimerai à vie. Je fais partie de ces personnes à mobilité réduite qui pratiquent du Handi-Sport…

14971923_332190543807001_130104966_n-1Mes buts, mes rêves, ont pris du temps, de la réflexion, de l’organisation, mais également une concertation mûrement réfléchie avec le corps médical, mes chirurgiens, mon docteur : sans leurs accords rien n’aurait été possible. Il m’aura fallut plusieurs mois pour y réfléchir, laisser l’envie mûrir, pour lancer mes premiers projets que je réalise au mieux en fonction des aléas que m’impose mon état de santé.

 

Ma plus grande réussite sportive à ce jour, c’est d’avoir eu la chance inespéré de participer à La Guadarun (Trail des Iles en Guadeloupe) : 6 iles à traverser, 150 km à parcourir. Cela dit, je n’ai pu en faire qu’une partie, moins de 100 km cette année, mais je compte bien faire la totalité l’an prochain ! Un moment magique entre la course, la découverte du pays et de sa culture, les gens qui sont d’une infime gentillesse : une sacré aventure hors norme à vivre une fois au moins dans sa vie !

Bref c’était mon rêve quand j’étais valide. Je l’ai fait en fauteuil roulant et cela a pris un tout autre sens : plus merveilleux, inoubliable dans mon coeur, dans mon esprit.. et la satisfaction de se dire que je l’ai fait, j’y suis arrivée comme les autres participants !

 

Ma pire galère, forcément c’est mon fauteuil qui n’est pas adapté et avec lequel je m’esquinte régulièrement les bras, les mains, les épaules… Imagine toi devoir faire avancer 15 kg (pour le fauteuil), plus mon poids 46 kg, le tout à la force des bras. Avec des roues qui ne vont pas partout, le moindre petit obstacles deviens un défi : comme un trottoir, un caillou, un trou sur une route, prendre un ascenseur, se retrouver devant les magasins sans y avoir l’accès, un immeuble avec des escaliers,  etc…

Le fauteuil que j’ai est un modèle utilisé dans les hôpitaux ou les maisons de retraite, mais en aucun cas un pour aller à l’extérieur. L’état nous octroie de très petites aides pour financer un fauteuil roulant. Pour le moment tous mes dossiers de demandes d’aides sont refusés !

Les galères, c’est aussi le comportement humain : les réflexions que l’on peut se prendre au quotidien, les regards, le mépris des gens, etc..
14522841_10207747725157518_4268192618953238673_n

 

Un mot pour la fin?
14997147_332190277140361_1159891572_nDans la vie tout n’est pas rose.
Certains auront une vie tranquille, d’autres auront une vie de folie. Certains auront la chance de ne jamais être malade, tandis que d’autres devront affronter parfois des maladies bénignes, incurables, voire irréversibles, évolutives et se battre le reste de leur vie. Que se soit pour notre vie professionnelle, ou sentimentale, nous seul pouvons prendre des décisions. Se battre pour obtenir ce que l’on veut, évoluer, avancer… Ou rester là, tels de petits soldats, des automates.
Nous avons également tous des objectifs, des buts, des envies, des rêves plus ou moins fous… Durant notre vie, on en réalisera certains, d’autres non. Tout dépend une fois de plus de nous.
Soit on y croit et on fait tout pour réaliser nos projets, nos rêves…
Soit on laisse passer sa vie au risque un jour de se réveiller avec des regrets !

Si vous voulez suivre les aventures de Sylvie : https://www.leetchi.com/c/projets-de-charlet-sylvie

2 réflexions au sujet de « Sylvie, « Nous seul pouvons prendre des décisions, se battre pour obtenir ce que l’on veut » »

  1. Claude-mathieu

    Quel courage je t’admire. Et tout cela sans te plaindre, alors que les gens qui ont la possibilité de tout faire se plaignent sans arrêt.
    Tu as tout mon respect.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *